30/03/2010

Mouadh ibn Jabal

La seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète (ç) à al-Aqaba, il y avait parmi eux Mouâdh b. Jabal. Un jeune homme calme, au visage rayonnant, au regard charmant. C'était un Ansarite de la première heure. Mais, le trait qui le caractérisait le plus était sa science religieuse si vaste, à tel point que le Messager (ç) avait dit de lui: «De ma communauté, Mouâdh b. Jabal est le plus connaissant du licite et de l'interdit.» 

En outre, il était doté d'une intelligence perspicace. Quand le Messager (ç) le chargea d'une mission au Yémen, il lui dit: «Ô Mouâdh, avec quoi tu vas prononcer les jugements? - Avec le Livre de Dieu, dit Mouâdh, - Et si tu ne trouves pas dans le Livre de Dieu (avec quoi juger)... ? - Je juge avec la Sunna de son Messager. - Èt si tu n'en trouves pas dans la Sunna de son Messager? - Je fais effort avec mon avis.» 

Son allégeance au Livre de Dieu, ainsi qu'à la Sunna du Prophète (ç), ne le désarmait nullement de l'initiative de son esprit raisonnable, ne lui voilait pas les innombrables faits dissimulés qui n'attendaient que leur mise en lumière. De plus, les témoignages à son sujet le disent doté d'un bon sens infaillible. 

Aïdhallah b. Abdallah raconte qu'il s'était trouvé dans la mosquée, au début du khalifat d'Omar: «J'ai assisté, disait-il, à une réunion de plus d'une trentaine. Tous citaient des hadiths du Messager (ç), Dans le groupe, il y avait un jeune homme rayonnant, à la voix attrayante. Il était le plus jeune. Quand ses compagnons doutaient d'une chose sur un hadith, ils le consultaient. Alors, ce jeune leur donnait son avis. Et puis, je me suis rapproché de lui et je lui ai demandé qui il était. Il m'a répondu: «Je suis Mouâdh b. Jabal.» 

Abou Mouslim al-Khoulany dit: «Dans la mosquée de Hims où je suis entré, j'ai trouvé un groupe d'hommes d'âge mûr entourant un jeune homme qui ne parlait pas. Quand les présents doutaient d'une chose, ils s'adressaient à lui. Alors, j'ai demandé à mon voisin: «Qui est-ce?» Il m'a dit: «C'est Mouâdh b. Jabal.» Quant à Chahr b. Haouchab, il avait dit: «Quand les compagnons du Messager (ç) citaient des hadiths en présence de Mouâdh b. Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse.» 

Par ailleurs, l'Emir des croyants Omar avait laissé ce témoignange: «Si ce n'était pas Mouâdh b. Jabal, Omar serait perdu.» Mouâdh obtint ce savoir si considérable dans sa jeunesse. D'ailleurs, il ne vécut pas longtemps, puisqu'il mourut à l'âge de 33 ans durant le règne d'Omar b. al-Khattab. 

* * * 

Mouâdh était généreux. Quand on lui demandait une chose, il la donnait de tout coeur. Sa générosité était telle qu'il était resté sans fortune. A la mort du Prophète (ç), il revint du Yémen où il enseignait l'Islam aux musulmans. Puis, il émigra en Syrie où il s'occupa également de l'enseignement religieux. Mais, à la mort de l'Emir du pays, son ami Abou Oubayda, il le remplaça à la tête de l'émirat, aprés avoir été nommé par le khalife Omar. Il ne passa pourtant que quelques mois à ce poste, puisqu'il fut rappelé à Dieu. 

Plus tard, Omar dit sur le lit de mort: «Si Mouâdh b. Jabal était vivant, je l'aurais désigné à ma succession. Et, quand je me présenterai devant Dieu et qu'il me demandera: «Qui as-tu désigné au commandement de la communauté de Mohammad?», je dirai: «J'ai désigné Mouâdh b. Jabal. C'est que j'avais entendu le Prophète dire: «Le Jour de la résurrection, Mouâdh b. Jabal sera l'imam (le dirigeant) des savants.» 

* * * 

Un matin, le Messager (ç) rencontra Mouâdh: «Comment t'es-tu réveillé ce matin, Mouâdh? dit le Messager (ç). - Je me suis réveillé croyant, Messager de Dieu, dit Mouâdh, - Chaque droit a une vérité. Quelle est donc la vérité de ta foi? - A chaque matin que je me réveille, je pense que je n'arriverai pas vivant au soir; et à chaque soir je pense que je ne me réveillerai pas vivant le matin suivant. A chaque pas que je fais, je pense que je ne ferai pas un autre. De plus, j'ai toujours à l'esprit que toute communauté sera convoquée suivant son Livre, j'ai à l'esprit que les habitant du Jardin iront au jardin, pour jouir des bienfaits, et que les habitants du Feu iront au Feu, pour être châtiés. - Puisque tu as accédé à cette connaissance, applique-toi à faire cela, conclut le Messager (ç).» 

Oui, Mouâdh s'était bien soumis à Dieu. D'ailleurs, Ibn Masoud avait dit de lui: «Nous comparions Mouâdh au (prophète) Ibrahim (s).» Il invoquait Dieu en permanence et il appelait les gens à rechercher le vrai savoir, celui qui est bénéfique. Il disait: «Prenez garde de la déviation du sage; il faut que vous connaissiez le vrai par le vrai, car le vrai est lumière.» 

Les rites d'adoration, pensait-il, sont un objectif ainsi qu'une équité. Un jour, un musulman lui dit: «Apprends-moi.» Mouâdh l'interrogea d'abord: «Si je t'apprends, est-ce que tu m'obéis?» Comme l'homme répondit affirmativement, Mouâdh lui dit: «Jeûne et déjeune; fais des prières (surérogatoires) et dors; recherche les actions et ne commets pas de mauvaises, ne meurs qu'en état de soumis à Dieu et prends garde de l'invocation de l'opprimé (contre toi)!» 

Quant au savoir, il le voyait indissociable de l'action. Il disait: «Apprenez du savoir ce que vous voulez. Dieu ne vous donnera de bienfait avec ce savoir que lorsque vous passez à l'action.»

19:03 Écrit par http://dini01.tk dans les compagnons | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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