30/03/2010

Saâd Ibn Abou Waqas

Les nouvelles du front perse arrivent très mauvaises à Médine. Les Perses ont exterminé dans la bataille d'Al-Jisr 4000 combattants en un seul jour et les Irakiens ont violé leur pacte. Le khalife Omar ben al-Khattab (r) décide d'aller lui-même au front pour diriger les armées musulmanes dans une bataille décisive contre les païens de Perse. Il délégue ses pouvoirs à Ali ben Abou Talib et prend le chemin à la tête d'un groupe de compagnons. 

Mais, à la sortie de Médine, des compagnons donnent un autre avis. Ils disent à Omar de désigner un autre compagnon pour cette mission. La raison avancée est que l'émir des croyants ne doit pas s'exposer au danger en cette période cruciale pour l'Islam. Alors, Omar convoque sur place une réunion pour la concertation. Ali ben Abou Talib regagne le groupe, ainsi que des notables de Médine. Par la suite, tous adoptent l'avis proposé. Omar accepte de rester à Médine puis dit: «Qui allons-nous envoyer en Irak?» Abderrahman ben Aouf propose alors Sa'ad ben Abou Waqas. Après que le conseil a appuyé cet avis, l'Emir des croyants convoque Sa'âd et le nomme commandant de l'armée. 

Qui est donc ce nouveau chef de l'armée du front perse? C'est Saâd ben Malek az-Zuhry, qu'on appelle aussi Saâd 'ben Abou Waqas. Son grand-père est Ouhayb ben Manaf, l'oncle paternel de Amina, la mère du Prophète (ç). Il a embrassé l'Islam à l'âge de 17 ans. «A une certaine époque, j'étais l'un des trois premiers qui ont embrassé l'Islam, disait-il.» En effet, dès les premiers jours de l'Islam, Saâd se convertit et prête allégeance au Prophète (ç). 

Les livres d'histoire et de biographie nous disent qu'il a embrassé l'Islam par l'intermédiaire d'Abou Bakr. Peut-être qu'il a déclaré sa conversion le jour où Othman ben Affan, az-Zoubayr ben al-Awam, Abdarrahman ben Aouf et Talha ben Obaydallah ont fait la même déclaration. Cependant, cela n'empêche pas qu'il s'est converti clandestinement avant cette date. Saâd ben Abou Waqas a certes de nombreux titres de gloire, mais il n'aime en citer que deux. Il est le premier tireur de flèches pour la cause de Dieu et le seul musulman à qui le Prophète (ç) a dit: «Tire, Saâd. Que soient sacrifiés pour toi mon père et ma mère!» 

Ali ben Abou Talib témoigne: «Je n'ai jamais entendu le Messager (ç) dire cela à quelqu'un, sauf à Saâd. Je l'ai entendu dire, lors de la bataille d'Ouhoud: «Tire, Saâd. Que soient sacrifiés pour toi mon père et ma mère!» En outre, Saâd possède deux armes efficaces: Son tir précis et son invocation. Sa flèche ne rate jamais un ennemi dans les batailles et son invocation est toujours exaucée par Dieu. Ses compagnons expliquent cela par l'invocation du Messager (ç) en sa faveur: «Ô Dieu! oriente bien son tir et exauce son invocation.» 

A propos de l'invocation exaucée, voici le témoignange de Amir ben Saâd: Saâd a vu un homme en train d'insulter Ali, Talha et az-Zoubayr. Il lui a dit d'arrêter mais l'homme a continué dans ses insultes. Saâd lui a alors dit: «Dans ce cas, je vais invoquer (Dieu) contre toi!» L'autre dit: «Je vois que tu me menaces, comme si tu étais un prophète!» 

Saâd se retire, fait des ablutions, puis fait une prière de deux rakâs. Après quoi, il lève les deux mains au ciel et dit: «Ô Dieu! si tu sais que cet homme a insulté des gens qui ont eu de toi la splendeur et que ses insultes contre eux te mécontentent, alors fais de lui une leçon.» Quelques temps après, une chamelle réussit à s'enfuir de son enclos, dans une course folle, sans que personne ne puisse la rattraper. Elle pénètre dans la foule, comme si elle cherche quelque chose. Puis elle trouve l'homme. Elle le met entre ses pattes et se met à l'étouffer de son poids jusqu'à le tuer. 

* * * 

Par ailleurs, Saâd réussit à devenir riche, sans être avare. De sa fortune licite, il sait très bien donner en vue de Dieu, dépenser pour la cause de Dieu. Lors du Pèlerinage d'adieu, il tombe malade. Recevant la visite du Prophète (ç) , il lui dit: «Ô Messager de Dieu, j'ai une fortune et je n'ai pour héritier qu'une fille. Est-ce que je donne en aumônes les deux tiers de ma fortune? - Non, dit le Prophète. - Alors, la moitié? - Non. - Donc, le tiers? - Oui, dit le Prophète, et le tiers c'est beaucoup. Si tu laisses tes héritiers riches, cela vaut mieux que de les laisser dépendants des gens...» Après cela, Saâd aura des fils. 

* * * 

Saâd est aussi un croyant qui se distingue par la crainte de Dieu. Quand il écoute le Prophète (ç) prêcher, il ne peut maîtriser ses larmes. Il est également un homme aux actions pieuses. Un jour, le Prophète (ç) dit à ses compagnons, tous assis: «Maintenant va venir un homme faisant partie des habitants du Jardin.» Les compagnons détournent la tête dans toutes les directions, à la recherche de l'heureux élu, et voilà Saâd ben Abou Waqas qui arrive. Après cela, Abdallah ben Amrou ben al-As lui demande avec insistance de lui dire ce qu'il faut faire pour se rapprocher de Dieu, pour triompher de cette inestimable récompense. Saâd lui dit: «Pas plus des actions (pieuses) que nous accomplissons tous. Sauf que je ne porte pas de rancune ou de mal contre aucun des musulmans.» 

Voilà donc le compagnon que l'Emir des croyants a choisi pour diriger les troupes musulmanes dans la bataille d'al-Qadisiya. 

* * * 

De plus, Saâd est connu pour avoir une foi inébranlable. Quand il embrasse la nouvelle religion, sa mère polythéiste essaie plusieurs fois de l'en détourner. Comme Saâd ne se plie pas à son exigence, elle entame une grève totale de la faim. Elle se prive de manger et de boire durant plusieurs jours mais Saâd reste inébranlable. Le temps passant, la mère s'affaiblit dangereusement. Alors, Saâd va lui rendre visite, sur demande d'un proche et lui dit d'une voix résolue: «Ô mère, par Dieu! même si tu as cent âmes et qu'elles sortent l'une après l'autre, je n'abandonnerai jamais ma religion. Alors, mange si tu veux, ou ne mange pas.» Après ces mots, sa mère suspend sa grève de la faim. 

Dieu fait descendre ensuite ce verset: mais s'ils faisaient sur toi pression pour que tu M'associes ce sur quoi tu n'as pas de science, ne leur obéis pas (s. 29, v. 8). 

* * * 

A al-Qadisiya, Saâd ben Abou Waqas dirige son armée de 30.000 combattants contre les 100.000 soldats de l'armée perse. Mais, avant la bataille décisive, il envoie quelques-uns de ses compagnons à Rostom le commandant des Perses, avec la mission précise de l'appeler à embrasser l'Islam. Les émissaires reviennent plus tard, pour lui donner le compte-rendu de leur mission: C'est la guerre.

Il aurait aimé que la bataille ait été fixée pour un autre jour, parce que ce jour-là il était malade. Mais, que peut-il faire contre le cours irrésistible des évènements? Il se lève résolument, malgré les furoncles qui lui font très mal, adresse aux combattants un discours avec pour début ... le verset "Oui, Nous avons écrit dans les Psaumes, après le Rappel, que la terre serait l'héritage de Mes adorateurs justes". (s. 21, v. 105). 

Après quoi, il dirige la prière du duhr avant de lancer par 4 fois le tekbir devant toute l'armée. Puis, il dit à voix haute, en montrant l'objectif: «Allez-y avec la bénédiction de Dieu!» Puis, il se dirige en dépit des douleurs à la tente qui lui servira de poste de commandement, sur une hauteur. Là, il s'allonge la poitrine sur un oreiller. Désormais, il n'accorde aucune attention à son mal, il est absorbé par le déroulement des opérations. Il est occupé à donner les ordres aux détachements de combattants. «Vous! avancez sur le flanc droit!... et vous! colmatez les brèches du flanc gauche!... Devant toi, Moughira!... poursuis-les, Jarir! engage l'attaque, Achâth!. .. et toi, Qaâqaâ , avance avec tes compagnons!.» La suite est connue. Les Perses battent en retraite. Les combattants les poursuivent jusqu'à Nahaouand puis à al-Madayin, où ils s'emparent du trône de Cosroès. 

* * * 

Dès que Saâd est nommé gouverneur de l'émirat d'Irak, il s'attelle à bâtir le pays et à diffuser l'Islam. Par la suite, les habitants d'Al-Koufa se plaignent de lui auprès du khalife Omar. Ils ont dit que Saâd ne savait pas bien diriger la prière. Saâd dira: «Par Dieu! je ne leur fais que la prière du Messager de Dieu. Je fais durer les deux premières rakâs et j'écourte les deux dernières.» Omar le convoque à Médine. Il répond à la convocation. Mais quand Omar décide de le renvoyer à al-Koufa, il dit: «M'ordonnes-tu de retourner à un peuple qui prétendent que je ne sais pas bien diriger la prière?» Puis il préfère rester à Médine. 

* * * 

Lorsque Omar est blessé à mort, il choisit six compagnons du Prophète (ç), dont Saâd, pour élire d'entre eux le khalife des musulmans. Il les a choisis en arguant que le Prophète (ç) était satisfait d'eux. Plus tard, quand l'époque des grands troubles éclate, Saâd se retire de la vie publique. Il va jusqu'à ordonner à sa femme et ses enfants de ne rien lui rapporter sur les évènements qui secouent la communauté. Un jour, les musulmans font appel à lui. Son neveu Hachim ben Outba ben Abou Waqas va le trouver et lui dit: «Ô oncle, il y a là 100.000 musulmans armés qui pensent que, par rapport aux autres, tu as plus de droit au khalifat.» Saâd refuse et lui signifie qu'il préfère voir ces hommes unis contre les mécréants.

Quand Mouâwiya s'empare des rènes du pouvoir, il dit à Saâd: «Pourquoi ne combats-tu pas avec nous?» Saâd dit: «Je suis passé par un vent très ténébreux. Alors, j'ai dit: «Akh! akh!"?» et j'ai arrêté ma monture jusqu'à la dissipation de ce vent.» Mouâwiya dit: «Dans le Livre de Dieu, il n'y a pas de Akh! akh! Au contraire, Dieu dit: Si deux partis d'entre les croyants se combattent, eh bien! réconciliez-les, Si l'un d'entre eux avait commis un passe-droit au détriment de l'autre, combattez le coupable jusqu'à ce qu'il fasse retour au commandement de Dieu (s. 49, v. 9). Toi, tu n'étais pas avec le parti injuste contre le parti juste, ni avec le parti juste contre le parti injuste.» 

Saâd réplique: «Je ne suis pas celui qui combattrait un homme auquel le Messager de Dieu a dit: «Tu occupes vis-à-vis de moi le rang que Haroun occupait vis-à-vis de Mousa, sauf quil n'y a pas de prophète après mois.» 

* * * 

Et en un certain jour de l'an 54, Saâd s'éteint à al-Aqiq après avoir vécu plus de 80 ans. Son fils raconte: «Mon père avait la tête dans mon giron, au moment de rendre l'âme. Me voyant pleurer, il m'a dit: «Fils, qu'est-ce qui te fait pleurer? Dieu ne châtiera jamais... Je suis d'entre les habitants du Jardin.» 

Sa foi a été inébranlable devant le secouement de la mort. Le Prophète (ç) lui avait annoncé la bonne nouvelle du Jardin. Puis, il a demandé de lui apporter de son armoire un vieux vêtement. Ayant eu ce vêtement entre les mains, il a dit à sa famille de l'y ensevelir, avant de donner la raison: «Je le portais lors de la bataille de Badr contre les polythéistes, et je l'ai gardé pour ce jour.» Ainsi a vécu Saâd et ainsi il est mort.

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Abou Hourayra

Le compagnon Abou Hourayra, de son premier nom Abdchams (adorateur du soleil), embrassa l'Islam devant le Messager, pendant que l'expédition de Khaybar battait son plein. C'était en l'an 8 de l'Hégire. Durant les quatre dernières années de sa vie, le Messager (ç) sera côtoyé en parmanence par cet exceptionnel compagnon à la mémoire prodigieuse.

Avant de se convertir, Abou Hourayra était un salarié très démuni qui se prosternait à des déités qui ne servent ni ne nuisent. Après sa conversion, il devint un personnage célèbre vouant ses adorations à Dieu l'unique. Le voici qui parle de lui-même: «J'ai grandi orphelin et j'ai émigré très pauvre... J'ai été un salarié contre le répas de mon ventre, chez Bosra bint Ghazouan. J'étais à leur service, quand ils installaient leur camp, et je guidais leur caravane quand ils se déplaçaient. Et maintenant me voilà son époux, grâce à Dieu. Louange donc à Dieu qui a redressé la religion et fait d'Abou Hourayra un imam.»

* * *

Etant doté d'une mémoire phénoménale, et bien qu'il fût un illettré, Abou Hourayra prit vite conscience du service important qu'il pouvait rendre à la religion musulmane. Il s'attela alors à préserver l'héritage religieux du Prophète (ç), puisqu'il n'avait pas de terre à cultiver ni de commerce à fructifier. Il réussit ainsi dans de larges mesures à sauvegarder de très nombreux hadiths de la Tradilion prophétique.

Il se mit à transmettre les hadiths du Prophète (ç) dès la disparition de ce dernier, si bien que des compagnons s'en étonnèrent, en disant: «D'où lui viennent ces hadiths? Quand les a-t-il entendus et appris?» Le valeureux compagnon répondit avec clarté à ce genre de questionnements comme pour dissiper le doute qu'on voulait exprimer. Il avait dit, entre autres: «Vous dites qu'Abou Hourayra abonde trop dans la transmission des hadiths du Prophète (ç). Eh bien! mes compagnons mouhajirites étaient occupés par leur terres. 

Pendant ce temps, j'étais quelqu'un de pauvre, qui accompagnait beaucoup le Messager de Dieu. Je tenais à être présent quand eux s'absentaient et je retenais dans ma memoire quand eux oubliaient. Et puis, le Prophète (ç) nous a dit un jour: «Celui qui étale son habit jusqu'à ce qu'il écoute mon hadith puis le retire à lui, celui-là n'oubliera plus rien de ce qu'il aura entendu de moi.» J'ai alors étalé mon habit et il m'a dit des hadiths, puis j'ai retiré mon habit à moi.

Par Dieu! je n'ai rien oublié de ce que j'ai entendu de lui. De plus, je ne vous aurais rien rapporté des hadiths du Prophète (ç), si ce n'était ce verset coranique «Ceux qui dissimulent ce que nous avons fait descendre de preuves et de guidance, après même les avoir explicitées aux hommes dans l'Ecriture, ceux-là Dieu les maudit, et les maudisse qui les maudira (s. 2, v.159).»

* * *

Une fois, le souverain Marouan b. al-Hakam invita Abou Hourayra, pour le tester sur le sujet de sa maîtrise du hadith. Il le fit asseoir à côté de lui, tandis qu'un secrétaire se tenait caché et écrivait tous les hadiths dits par Abou Hourayra. L'année suivante, Marouan l'invita de nouveau et l'interrogea sur les hadiths: Abou Hourayra n'en n'avait pas oublié le moindre mot.

Abou Hourayra avait d'ailleurs dit de sa personne: «Aucun compagnon du Messager de Dieu ne rapporte de hadiths plus que moi, à l'exception de Abdallah b. Arnrou. b. al-As. Celui-ci écrivait alors que moi je ne sais pas écrire.»

* * *

En outre, Abou Hourayra était, ainsi que sa famille, un adorateur assidu. Lui, sa femme et sa fille se repartissait la nuit en prières. Chacun priait un tiers de la nuit, de telle sorte que leur maison ne connut point d'interruption de rappel de Dieu. Par ailleurs, lorsqu'il embrassa l'Islam, il fut très soucieux du destin de sa mère qui refusait de se convertir, si bien qu'il s'en plaignit au Prophète (ç). Ecoutons-le plutôt: «Je suis allé trouver le Messager (ç), les larmes aux yeux, pour dire: 

"Ô Messager de Dieu, j'ai tant appelé Oum Abou Hourayra à l'Islam mais elle refusait à chaque fois. Aujourd'hui, je rai appelée. Alors, elle m'a fait entendre sur toi des propos que je déteste. Invoque donc Dieu pour qu'il la guide à l'Islam." 

Le Messager (ç) a dit par conséquent: "Dieu! guide Oum Abou Hourayra." Je suis sorti en pressant le pas, pour aller lui annoncer la bonne nouvelle de l'invocation du Messager. Quand je suis arrivé, j'ai trouvé la porte fermée puis j'ai entendu le clapotement de l'eau, et elle m'a dit: "Reste à ta place, Abou Hourayra!" 

Puis, elle a mis son habit et porté précipitamment son khimar, avant de sortir en disant: "J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu comme j'atteste que Mohammad est son serviteur et son messager." ...»

* * *

Dans le khalifat d'Omar b. al-Khattab, Abou Hourayra occupa le poste de gouverneur du Bahrein, mais pour une durée déterminée, durant laquelle il put constituer quelques biens personnels. Laissons-le raconter l'entretien qu'il avait eu à Médine avec le khalife: «Omar m'a dit: "Ennemi de Dieu, ennemi de son livre! As-tu osé voler le bien de Dieu?" J'ai dit: "Je ne suis ni l'ennemi de Dieu ni l'ennemi de son livre. Je suis plutôt l'ennemi de leur ennemis, et je ne suis pas celui qui vole le bien de Dieu!" Il a dit: "Alors, d'où as tu les dix mille?" J'ai dit: "Ce sont des chevaux qui se sont reproduits, des dons qui se sont succédés (du ciel)."... Omar a dit: "Verse-les alors au Trésor public."

Abou Hourayra accepta de les verser puis leva les mains au ciel et dit: «Dieu! pardonne à l'Emir des croyants.» Quelques temps après, Omar proposa le poste à Abou Hourayra. Ce dernier refusa. Comme Omar demanda pourquoi, Abou Hourayra répondit: «Pour qu'on n'insulte pas mon honneur et qu'on ne prenne pas mon bien...»

Ainsi vécut Abou Hourayra et ainsi il mourut. Il mourut à l'âge de 75 ans, en l'an 59 de l'Hégire et il fut enterré dans le cimetière d'al-Baqi.

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Hamza ibn Abdalmouttalib

Hamza b. Abdalmouttalib est non seulement l'oncle du Messager (ç) mais aussi son frère de lait. Ils avaient vécu ensemble, grandi ensemble, joué ensemble dans leur enfance. Mais, dans leur jeunesse, leurs chemins s'étaient séparés, le neveu s'étant consacré à la méditation et l'oncle aux bienfaits de la vie. Toutefois, Hamza avait toujours à l'esprit les qualités intrinsèques de Mohammad. 

Un jour, Hamza sortit de chez lui comme d'habitude et se dirigea vers la Kaâba. Là, il s'assit avec des notables qouraychites qui parlaient avec intérêt et suspicion du «prophète» Mohammad. Remarquant leur inquiétude et leur ressentiment, il se moqua de leur jugement, le qualifiant de démésuré. Quand il se retrouva seul, il s'en alla dans ses réflexions sur la cause de son neveu. Avec le temps, les Qouraychites haussaient le ton pendant que Hamza surveillait de loin le cours des événements. L'assurance de son neveu l'éblouissait pourtant, il le connaissait bien depuis l'enfance. 

* * * 

Puis le jour J arriva. Ce jour-là, Hamza prit son arc et sortit à la chasse, qu'il aimait pratiquer. Après avoir passé une partie de la journée à la campagne, il retourna à la Mecque. Comme à son habitude, il se dirigea vers la Kaâba, pour faire des tournées. Alors, une servante appartenant à Abdallah b. Joudân vint à sa rencontre et lui dit: «Abou Oumara! tu n'as pas vu ce que ton neveu Mohammad a subi aujourd'hui de la part d'Abou al-Hakam b. Hicham. Celui-ci a trouvé Mohammad assis là-bas, alors il lui a fait du mal et il l'a insulté...» 

La femme continua à expliquer jusqu'à la fin ce qu'Abou Jahl avait commis. Quand elle termina, Hamza s'en alla d'un pas décidé en direction de la Kaâba, avec l'espoir d'y trouver Abou Jahl. Et s'il ne le trouvait pas, il continuerait à le chercher partout. Mais, avant même d'arriver au temple, il vit dans la place Abou Jahl assis parmi les notables. Avec un calme impérial, il retira l'arc de son épaule, regarda bien Abou Jahl, puis avec l'arme il le frappa à la tête. Et, avant même que les présents ne réalisaient ce qui venait de se passer, il dit avec fermeté: «Insultes-tu Mohammad alors que je suis un adepte de sa religion? Je dis ce qu'il dit! Que réponds-tu à cela, si tu peux?» Ainsi Hamza se convertit-il à la nouvelle religion devant les regards ébahis des notables et d'Abou Jahl qui se tenait la tête blessée. 

* * * 

En guidant Hamza à la voie de rectitude, Dieu donna plus d'assurance et de force à l'Islam. Le nouveau converti s'en alla défendre inlassablement le Prophète (ç) et ses faibles compagnons contre les agressions répétées des polythéistes de Qouraych. Bien sûr, Hamza ne pouvait pas à lui seul repousser tout le mal. Mais sa conversion était quand même une protection, un bouclier. Il consacra toute son énergie à la cause de Dieu, si bien que le Prophète lui donna le surnom du «Lion de Dieu.» 

Quand le Prophète (ç) émigra à Médine, Hamza fut le commandant de la première colonne militaire qui sortit pour la rencontre de l'ennemi, ainsi que le premier porte-étendard des musulmans. Dans la bataille de Badr, il réalisa de grands exploits. Sur le champ de bataille, il était le lion de Dieu, et de son Messager. 

* * * 

La défaite consommée, les Qouraychites regagnérent la Mecque. Ils n'eurent même pas le temps de prendre les corps de leurs tués, dont faisaient partie Abou Jahl, Otba b. Rabiâ, Chayba b. Khalaf, Oqba b. Abou Moâyt, Alaswad b. Asbalasad, Alwalid b. Otba, Annadhr b. Alharith. Et, comme la défaite leur parut humiliante, les Qouraychites décidèrent de prendre leur revanche. Joubayr ben Motîm promit à son esclave Wahchi de lui accorder pour prix la liberté, dans le cas où Hamza serait tué. Joubayr lui avait dit: «Sors avec les gens, et si tu tues Hamza, tu seras libre.» 

Quant à la femme d'Abou Soufyan, Hind bint Outba, dont le père, l'oncle, le frère et le fils avaient été tués ou achevés par Hamza, elle promit aussi à Wahchi de le recompenser largement. Elle lui avait dit, en portant la main aux bijoux qui pendaient à son cou: «Tout cela sera à toi si tu tues Hamza!» 

* * * 

Les préparatifs terminés, les polythéistes de Qouraych se dirigèrent vers Ouhoud, un lieu tout près de Médine. Là, les deux armées se rencontrèrent. Hamza y était présent. Il avançait résolument sur le champ de bataille et éliminait de son sabre tout polythéiste qui venait se mesurer avec lui. Les musulmans allaient à une victoire éclatante, puisque les Qouraychites se repliaient vaincus. Mais les archers désertèrent la position, d'où ils tenaient en respect la cavalerie quouraychite: Ils descendirent au champ de la bataille, en vue de butin. 

C'était là une erreur irréparable. Les cavaliers qouraychites réussirent alors à éliminer les quelques archers qui n'avaient pas voulu quitter la position, puis ils surprirent les musulmans. La situation se retourna et les Qouraychites prirent le dessus. Hamza redoubla d'efforts, tandis que Wahchi l'épiait en attendant le moment propice, pour le frapper de sa lance. Wahchi avait laissé ce témoignage: «Etant un Abyssinien, je tirais bien à la lance. Je râtais rarement ma cible. Quand les deux troupes s'étaient rencontrées, j'ai cherché Hamza. Et je l'ai trouvé au milieu des protagonistes... 

Avec son sabre, il abattait ses ennemis. Personne ne restait debout après son passage. Par Dieu, moi je me préparais car je le voulais. Je me cachais de lui derrière un arbuste, en attendant le moment de l'attaquer. Mais voilà Sibaâ ben Abdalouzza qui s'est avancé. Hamza lui a dit: «Fils de coupeuse des clitoris, viens ici!» Puis il le frappa d'un coup à la tête. 

A ce moment-là, je tins bien ma lance après avoir bien visé, puis je la tirai. Elle alla le frapper au bas ventre... Il tomba puis se releva pour venir vers moi. Mais il n'eut pas de force... Après quoi, je me suis rapproché du corps, j'ai pris ma lance puis j'ai regagné le camp. Je n'avais pas besoin d'autre chose. Je l'avais tué pour devenir libre.» 

Ainsi mourut Hamza. Mais Hind bint Outba ne se contenta pas de cela. Elle voulait encore assouvir sa vengeance. Elle se rapprocha du corps de Hamza et lui enleva le foie. Puis, dans un élan de bestialité, elle porta le foie à la bouche pour le manger mais elle n'en eut pas la force. Quand la bataille se termina par le départ des polythéistes, le Prophète (ç) et ses compagnons descendirent au champ de bataille pour reconnaître leurs martyrs. A la vue de son oncle affreusement mutilé, le Prophète (ç) dit: «Si Dieu me fait prévaloir sur les Qouraych dans une prochaine bataille, je prendrai en exemple une trentaine d'entre eux.» 

Il n'eut pas le temps de terminer sa menace que Gabriel (s) lui apporta cette parole divine: Appelle au chemin de ton Maître par la sagesse et l'édification belle. Discute avec les autres en leur faisant la plus belle part (v. 16, v. 125). Par la suite, le Prophète (ç) fit le plus vibrant et le plus appuyé des adieux à son oncle. A un endroit choisi du champ de bataille, on apporta d'abord le corps de Hamza: Le Prophète (ç), ainsi que ses compagnons, pria sur lui la prière mortuaire. 

Ensuite, on apporta près de Harnza un autre chahid, sur lesquels il fit la même chose. Puis on retira le corps du deuxième, avant d'apporter près de Hamza un troisième chahid, sur lesquels il fit la même chose, si bien que Harnza eut la faveur de 70 prières.

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Khalid ibn Walid

Khalid b. al-Walid est ce soldat-là qui avait mis en déroute les musulmans dans la bataille d'Ouhoud puis, plus tard, les ennemis de l'Islam dans ses autres batailles. Mais, selon lui, sa vraie vie commença avant la conquête de la Mecque, précisément quand son coeur s'ouvrit à l'Islam. Ainsi, après avoir mûrement médité et réfléchi sur la vérité de la religon nouvelle, il se dit: «L'homme est vraiment un envoyé (...). Par Dieu, je m'en vais (à Médine) et je déclarerai ma soumission à Dieu!» 

Ecoutons-le raconter son périple de la Mecque à Médine: «J'ai bien aimé trouver un compagnon de route. Puis, j'ai rencontré Othman b. Talha et je lui ai raconté mon projet. Il a vite répondu positivement. Alors, nous sommes sortis à la pointe du jour. Quand nous sommes arrivés à la plaine, nous avons rencontré Amrou b. al-As. Il nous a salués. Nous aussi. Puis, il nous a dit: «Où allez-vous?» Nous l'avons mis au courant de notre destination. Il nous a dit qu'il allait aussi trouver le Prophète (ç), pour déclarer sa soumission à Dieu.

Nous avons repris ensemble le chemin, si bien que nous sommes arrivés à Médine le 1er Safar de l'an 08. Quand j'ai vu le Messager (ç), je l'ai salué en insistant sur son caractère de prophète. Il m'a rendu le salut avec un visage souriant. Puis, j'ai déclaré ma soumission à Dieu et j'ai attesté l'attestation du Vrai. Le Messager (ç) m'a dit ensuite: «Je savais que tu es doté de sagesse et j'ai espéré qu'elle ne te mènera qu'à du bien.»

J'ai prête allégeance au Messager de Dieu puis j'ai dit: «Demande pardon en ma faveur pour ce j'ai fait contre la cause de Dieu.» Il a dit: «L'Islam éfface ce qui a été avant lui.» J'ai dit: «Ô Messager de Dieu, fais-moi cette demande.» Il a dit: «Dieu! pardonne à Khalid b. al-Walid ce qu'il a fait contre ta cause!» 

Ensuite, Amrou b. al-As et Othman b. Talha se sont avancés, pour déclarer leur soumission à Dieu et prêter allégeance au Messager de Dieu.» 

* * * 

Vous vous rappelez sûrement de la bataille de Mouta, ainsi que des trois émirs tombés en martyr, et du hadith du Prophète (ç): «Zayd b. Haritha a tenu l'étendard et il a combattu, ensuite il est tombé en martyr; puis Jaâfar a pris l'étendard et il a combattu, ensuite il est tombé en martyr; puis Abdallah b. Rawaha a pris l'étendard et il a combattu, ensuite il est tombé en martyr.» 

Eh bien! ce hadith a sa suite qui dit: «Puis, un sabre d'entre les sabres de Dieu a pris l'étendard, puis par lui Dieu a donné l'ouverture.» Qui était donc ce héros qui avait réussi de sauver l'armée musulmane d'une défaite certaine? Eh bien! c'était Khalid b. al-Walid. 

* * * 

Lorsque le dernier émir fut tué, Thabit b. Arqam fit vite de prendre l'étendard, dans le seul but d'éviter la confusion dans les rangs musulmans. Puis, aussitôt, il se dirigea vers Khalid b. al-Walid et lui dit: «Prends l'étendard, Abou Soulyman!» Khalid, qui n'était ni un Mouhajir ni un Ansarite, dit: «Non, je ne prends pas l'étendard. Toi, tu as plus de droit pour le porter... Tu es un Badrite.» Thabit dit aussitôt: «Prends-le! tu sais diriger les combats mieux que moi. Par Dieu, je ne l'ai pris que pour toi!» 

Puis, il s'adressa aux musulmans: «Accecptez-vous le commandement de Khalid?» Ils dirent: «Oui.» Khalid b. al-Walid prit alors l'étendard et s'attela vite à la réorganisation des troupes musulmanes, pour forcer une percée et se retirer du champ de bataille. Car, l'issue de la bataille était en faveur des Byzantins et les pertes importantes dans les rangs musulmans. Il répartit les combattants en groupes, alors que la bataille suivait son cours, définit la tâche de chaque groupe, mena intelligemment les opérations sur le terrain, de telle sorte qu'il réussit à créer une brèche par laquelle l'armée musulmane se retira.

En un autre temps, quand les polythéistes qouraychites violèrent l'accord d'al-Houdaybiya, le Messager (ç) marcha avec son armée sur la Mecque, où il fit une entrée triomphale: Khalid b. al-Walid était dans cette armée-là en tant que commandant du flanc droit. Plus tard, après la disparition du Prophète (ç) et la désignation de son khalife Abou Bakr, Khalid resta toujours fidèle à sa foi et à son poste, malgré les nombreux troubles provoqués par les rénégats. 

Il est vrai, après la mort du Prophète (ç), que les rénégats firent leur apparition dans les tribus de Ghatafan, Asd, Abs, Tay, Dhabayan, Hawazin, Soulaym, etc. Et il est aussi vrai que le khalife Abou Bakr dirigea en personne des expéditions victorieuses contre ces rénêgats-lâ. Mais, dès qu'Abou Bakr s'apprêta à sortir de nouveau à la tête de l'armée musulmane, contre une nouvelle coalition de rénégats qui s'était constitué, l'imam Ali lui barra le chemin en retenant par les rênes le chameau qu'il montait et lui dit: «Où vas-tu, ô khalife du Messager de Dieu? Eh bien! je vais te dire ce que le Messager de Dieu t'a dit à Badr. Ô Abou Bakr, garde ton sabre dans son fourreau. Ne nous afflige pas par ta perte!» 

Abou Bakr se plia à l'avis unanime des musulmans, en restant à Médine. Mais, avant cela, il répartit l'armée en onze détachements et définit la mission de chaque détachement, après avoir désigné leurs émirs. Khalid était à la tête d'un de ces détachements. 

* * * 

Khalid b. al-Walid s'en alla évidemment avec son armée vers l'objectif défini. Par la suite, il mena ses troupes de bataille en bataille et de victoire en victoire. Dans le pays d'al-Yamama d'abord, Khalid battit à plate couture les Banou Hanifa qui avaient auparavant constitué avec leurs alliès la coalition la plus dangereuse des rénégats. Ensuite, il reçut ordre de se diriger vers les frontières irakiennes. Là, il commença sa mission par l'envoi de missives aux gouverneurs perses des régions irakiennes, les appelant à accepter ses propositions. Mais, comme les réponses furent négatives, et que les Perses se mirent à mobiliser leurs troupes, il ne perdit pas son temps. Il lança ses soldats dans de successives et victorieuses batailles contre al-Oubla, as-Sadir, an-Najaf, al-Hira, al-Anbar, al-Kadhimiya, et il continua ainsi jusqu'aux limites de la Syrie. 

* * * 

L'émergence de l'Islam en tant que force régionale ayant vaincu l'empire perse, en Irak, fit trembler les Byzantins. Ces derniers décidèrent alors de réagir vite. Mais Abou Bakr était beaucoup plus rapide. Il prit l'initiative d'envoyer sur le front byzantin une armée, à la tête de laquelle il désigna Oubayda b. al-Jarrah, Amrou b. al-As, Yazid b. Abou Soufyan et Mouâwiya b. Abou Soufyan.

Ayant reçu par la suite un rapport alarmant sur la situation du front, Abou Bakr envoya à Khalid l'ordre de regagner l'armée musulmane et de la diriger dans la bataille. Ce dernier fit vite d'obéir. Il laissa la gestion des affaires d'Irak à al-Mouthana b. Haritha et partit à la tête d'une armée. Quand il arriva au camp musulman, il organisa l'armée et coordonna son corps en un temps très court, à la lumière de l'expérience qu'il avait acquise avec les Perses. L'organisation militaire de ces derniers n'était pas très différente de celle des Byzantins. 

Puis, il lança les combattants musulmans sur le champ de bataille. Ils combattirent vaillamment jusqu'à la victoire. 

* * *

En outre, il est vrai que, durant les hostilités, une missive arriva de la part du nouveau khalife Omar, informant de la mort d'Abou Bakr et du remplacement de Khalid par Abou Oubayda. Mais cela fut tenu secret jusqu'à la fin de la bataille, pour ne pas perturber les combattants. En agissant ainsi, le nouveau khalife Omar b. al-Khattab jugeait que Khalid avait le sabre trop rapide. Bien avant d'accéder au pouvoir, il avait proposé à Abou Bakr de destituer Khalid de son poste d'émir, à la suite de la mort violente de Malik b. Nouwayra. Toutefois, Omar estimait bien Khalid. Pour preuve, le témoignage qu'il laissa à la mort de ce dernier: «Les femmes sont incapables de donner naissance à quelqu'un comme Khalid.» 

* * * 

Sur son lit de mort, Khalid b. Al-walid confia le secret qu'il convoitait tant depuis qu'il avait embrassé l'Islam. Durant sa vie de militant de la cause musulmane, il désira ardemment être tué en combattant sur le chemin de Dieu: «J'ai fait tant de batailles, avait-il dit avant de mourir, et il n'y a pas d'endroit dans mon corps qui n'ait reçu un coup de sabre ou de flèche. Mais me voilà dans ma couche en train de mourir de mort naturelle comme meurt un chameau.» 

En attendant sa mort avec résignation, il dicta son testament. Et qu'est-ce qu'il testa et pour qui? Il testa son cheval et ses armes à Omar b. al-Khattab. C'était tout ce qu'il possédait. Il n'était pas intéressé par les choses de la vie mondaine. Son seul but consistait toujours à remporter la victoire sur les ennemis du Vrai. Grâce à lui, les musulmans avaient mis fin aux mouvements de renégats, battu les Perses en Irak et les Byzantins en Syrie

19:04 Écrit par http://dini01.tk dans les compagnons | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Mouadh ibn Jabal

La seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète (ç) à al-Aqaba, il y avait parmi eux Mouâdh b. Jabal. Un jeune homme calme, au visage rayonnant, au regard charmant. C'était un Ansarite de la première heure. Mais, le trait qui le caractérisait le plus était sa science religieuse si vaste, à tel point que le Messager (ç) avait dit de lui: «De ma communauté, Mouâdh b. Jabal est le plus connaissant du licite et de l'interdit.» 

En outre, il était doté d'une intelligence perspicace. Quand le Messager (ç) le chargea d'une mission au Yémen, il lui dit: «Ô Mouâdh, avec quoi tu vas prononcer les jugements? - Avec le Livre de Dieu, dit Mouâdh, - Et si tu ne trouves pas dans le Livre de Dieu (avec quoi juger)... ? - Je juge avec la Sunna de son Messager. - Èt si tu n'en trouves pas dans la Sunna de son Messager? - Je fais effort avec mon avis.» 

Son allégeance au Livre de Dieu, ainsi qu'à la Sunna du Prophète (ç), ne le désarmait nullement de l'initiative de son esprit raisonnable, ne lui voilait pas les innombrables faits dissimulés qui n'attendaient que leur mise en lumière. De plus, les témoignages à son sujet le disent doté d'un bon sens infaillible. 

Aïdhallah b. Abdallah raconte qu'il s'était trouvé dans la mosquée, au début du khalifat d'Omar: «J'ai assisté, disait-il, à une réunion de plus d'une trentaine. Tous citaient des hadiths du Messager (ç), Dans le groupe, il y avait un jeune homme rayonnant, à la voix attrayante. Il était le plus jeune. Quand ses compagnons doutaient d'une chose sur un hadith, ils le consultaient. Alors, ce jeune leur donnait son avis. Et puis, je me suis rapproché de lui et je lui ai demandé qui il était. Il m'a répondu: «Je suis Mouâdh b. Jabal.» 

Abou Mouslim al-Khoulany dit: «Dans la mosquée de Hims où je suis entré, j'ai trouvé un groupe d'hommes d'âge mûr entourant un jeune homme qui ne parlait pas. Quand les présents doutaient d'une chose, ils s'adressaient à lui. Alors, j'ai demandé à mon voisin: «Qui est-ce?» Il m'a dit: «C'est Mouâdh b. Jabal.» Quant à Chahr b. Haouchab, il avait dit: «Quand les compagnons du Messager (ç) citaient des hadiths en présence de Mouâdh b. Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse.» 

Par ailleurs, l'Emir des croyants Omar avait laissé ce témoignange: «Si ce n'était pas Mouâdh b. Jabal, Omar serait perdu.» Mouâdh obtint ce savoir si considérable dans sa jeunesse. D'ailleurs, il ne vécut pas longtemps, puisqu'il mourut à l'âge de 33 ans durant le règne d'Omar b. al-Khattab. 

* * * 

Mouâdh était généreux. Quand on lui demandait une chose, il la donnait de tout coeur. Sa générosité était telle qu'il était resté sans fortune. A la mort du Prophète (ç), il revint du Yémen où il enseignait l'Islam aux musulmans. Puis, il émigra en Syrie où il s'occupa également de l'enseignement religieux. Mais, à la mort de l'Emir du pays, son ami Abou Oubayda, il le remplaça à la tête de l'émirat, aprés avoir été nommé par le khalife Omar. Il ne passa pourtant que quelques mois à ce poste, puisqu'il fut rappelé à Dieu. 

Plus tard, Omar dit sur le lit de mort: «Si Mouâdh b. Jabal était vivant, je l'aurais désigné à ma succession. Et, quand je me présenterai devant Dieu et qu'il me demandera: «Qui as-tu désigné au commandement de la communauté de Mohammad?», je dirai: «J'ai désigné Mouâdh b. Jabal. C'est que j'avais entendu le Prophète dire: «Le Jour de la résurrection, Mouâdh b. Jabal sera l'imam (le dirigeant) des savants.» 

* * * 

Un matin, le Messager (ç) rencontra Mouâdh: «Comment t'es-tu réveillé ce matin, Mouâdh? dit le Messager (ç). - Je me suis réveillé croyant, Messager de Dieu, dit Mouâdh, - Chaque droit a une vérité. Quelle est donc la vérité de ta foi? - A chaque matin que je me réveille, je pense que je n'arriverai pas vivant au soir; et à chaque soir je pense que je ne me réveillerai pas vivant le matin suivant. A chaque pas que je fais, je pense que je ne ferai pas un autre. De plus, j'ai toujours à l'esprit que toute communauté sera convoquée suivant son Livre, j'ai à l'esprit que les habitant du Jardin iront au jardin, pour jouir des bienfaits, et que les habitants du Feu iront au Feu, pour être châtiés. - Puisque tu as accédé à cette connaissance, applique-toi à faire cela, conclut le Messager (ç).» 

Oui, Mouâdh s'était bien soumis à Dieu. D'ailleurs, Ibn Masoud avait dit de lui: «Nous comparions Mouâdh au (prophète) Ibrahim (s).» Il invoquait Dieu en permanence et il appelait les gens à rechercher le vrai savoir, celui qui est bénéfique. Il disait: «Prenez garde de la déviation du sage; il faut que vous connaissiez le vrai par le vrai, car le vrai est lumière.» 

Les rites d'adoration, pensait-il, sont un objectif ainsi qu'une équité. Un jour, un musulman lui dit: «Apprends-moi.» Mouâdh l'interrogea d'abord: «Si je t'apprends, est-ce que tu m'obéis?» Comme l'homme répondit affirmativement, Mouâdh lui dit: «Jeûne et déjeune; fais des prières (surérogatoires) et dors; recherche les actions et ne commets pas de mauvaises, ne meurs qu'en état de soumis à Dieu et prends garde de l'invocation de l'opprimé (contre toi)!» 

Quant au savoir, il le voyait indissociable de l'action. Il disait: «Apprenez du savoir ce que vous voulez. Dieu ne vous donnera de bienfait avec ce savoir que lorsque vous passez à l'action.»

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Talha ibn Oubaydallah

Un verset : il est parmi les croyants de vrais hommes qui avérèrent les termes de leur pacte avec Dieu, d'autres qui accomplirent leur voeu, d'autres qui attendent, mais sans le moindre gauchissement (s. 33, v. 23).

Le Messager (ç) récita ce verset puis s'adressa aux compagnons, tout en désignant Talha: «Celui qui se satisfait à la vue d'un homme qui marche sur terre tout en y ayant expiré son temps, qu'il regarde Talha.» 

Chacun des compagnons convoitait en secret une bonne annonce qui le tranquillisait sur son devenir dans l'autre monde. Cette fois-là, ce fut Talha b. Oubaydallah. Le Messager (ç) lui avait annoncé le Jardin dans l'autre vie. Alors, quelle fut la vie de cette heureux élu? 

* * *

Tout commença lors d'un voyage d'affaires dans le pays de Bosra. Dans ce pays, Talha fit la connaissance d'un moine: celui-ci l'informa sur l'imminence de l'apparition du prophète qui allait être envoyé du pays du Sanctuaire. Lorsque Talha revint à la Mecque, il entendit des groupes de gens parler de Mohammed et son message.

Alors, il demanda d'abord après Abou Bakr. On lui dit qu'il était rentré avec sa caravane commerciale et qu'il se tenait à cette heure-là à côté de «Mohammad.» Alors Talha se dit à lui-même: «Mohammad et Abou Bakr? Par Dieu, ils ne s'unissent jamais tous deux pour une perdition!» 

Puis, il se dirigea vite chez Abou Bakr. Il échangea avec lui quelques propos puis il lui demanda de l'emmener au Prophète (ç), pour embrasser l'Islam. Ainsi Talha fut parmi les premiers musulmans. 

* * * 

Malgré sa réputation de riche commerçant et le rang qu'il occupait à la Mecque, il eut quand même sa part de mauvais traitements. Mais cela ne dura pas longtemps: les Qouraychites avaient eu honte. Par la suite, il s'exila à Médine et prit part à toutes les expéditions du Prophète (ç), sauf celle de Badr. Lors de cette expédition, il était en mission avec Saïd b. Zayd. 

Dans la bataille d'Ouhoud, il était présent. Dans un premier temps, les musulmans prirent bien la situation en main si bien que les Qouraychites se replièrent paniqués. Mais quand les archers désertèrent leur position et que les cavaliers commandés par Khalid b. al-Walid surgirent par derrière, la situation bascula brusquement en faveur des polythéistes. 

Talha vit alors que le Prophète (ç) était devenu la cible de plusieurs Qouraychites. Il vola à son secours et participa à sa protection. Ce fut lui qui aida le Prophète (ç) à se dégager du trou où il était tombé. Aïcha disait: «Quand on parlait du jour d'Ouhoud, Abou Bakr disait: «Tout ce jour était celui de Talha... J'étais le premier à arriver auprès du Prophète (ç), Alors, il nous a dit, à Abou Oubayda b. al-Jarrah et à moi: «Regardez votre frère ...» Nous l'avons vu. Il avait plus de 70 blessures et il avait le doigt coupé...» 

* * * 

Non seulement il était un fervent croyant, mais aussi un commerçant réussi. Toute sa fortune était au service de la nouvelle religion. Il dépensait sans compter et toutes les fois Dieu le récompensait davantage. Sa femme Souâda bint Aouf disait: «Une fois, j'ai trouvé Talha soucieux. Alors, je lui ai dit: "Qu'est ce que tu as?" Il a dit: "Le bien que j'ai, il s'est démultiplié, et il me donne des soucis et il me peine." J'ai dit: "Tu n'a pas à t'en faire. Distribue-le." Il s'est levé et il est allé appeler les gens. Puis, il s'est mis à distribuer, de telle sorte qu'il n'en est pas resté un seul dirham.» 

Quand à Jabir b. Abdallah, il parlait ainsi de la générosité de Talha: «Je n'ai vu aucun comme Talha, qui donne abondamment de ses biens sans la moindre question.» Assaïb b. Zayd laissa aussi ce témoignage: «J'ai accompagné Talha dans les voyages et dans la cité. Par rapport à Talha, je n'ai trouvé aucun qui soit plus généreux du dirham, du vêtement et de la nourriture.» 

* * * 

Quand les troubles éclatèrent sous le règne du khalife Othman b. Affan, Talha appuya les opposants. Puis, lorsqu'Othman fut assassiné et que l'imam Ali accepta l'allégeance des musulmans, y compris Talha et Azzoubayr, ces deux derniers partirent à la Mecque pour un petit pélerinage. De là, il regagnèrent al-Basra, où s'étaient réunies des forces qui voulaient venger la mort de Othmân. Par la suite, il y eut la bataille du «Chameau» qui mit aux prises les partisans de Ali et le parti qui voulait venger Othman et qui avait apporté Aïcha, la Mère des croyants. 

Quand l'imam Ali vit la Mère des croyants sur le palanquin, à la tête de l'armée, il en fut très peiné. Puis, quand il vit Talha et Azzoubayr, il les appela à venir parler avec lui. A leur arrivée, il dit à Talha: «Ô Talha, apportes-tu la femme du Messager de Dieu pour l'utiliser dans ton combat, alors que tu as caché ta femme à la maison?» Puis, il dit à Azzoubayr: «Ô Azzoubayr, je t'en conjure. Te rappelles-tu du jour, quand le Messager (ç) était passé près de toi.; Il t'a dit: «Ô Azzoubayr, n'aimes-tu pas Ali?» Tu as dit: «Moi, je n'aime pas le fils de mon oncle maternel, le fils de mon oncle paternel, celui-là qui professe ma religion?» Il t'a dit: «Ô Azzoubayr, par Dieu, sûr que tu lui livreras combat, alors que tu es dans le tort.»

Azzoubayr dit: «Oui, je me rappelle maintenant. J'ai oublié. Par Dieu, je ne te combattrai pas.» Puis, tous deux se retirèrent, surtout lorsqu'ils virent Ammar b. Yasir dans l'armée de l'imam Ali. A ce moment-là, ils se rappellèrent aussi la parole que le Prophète (ç) avait dite à Ammar: «Tu sera tué par la troupe injuste.» 

* * * 

Talha et Az-zoubayr renoncèrent au combat. Mais, par la suite, ils payèrent leur retrait au prix fort. Azzoubayr fut assassiné traîtreusement par un homme appelé Amrou b. Jarmouz. Quand à Talha, il fut assassiné d'une flèche lancée par Marouan b. al-Hakam. A la fin de la bataille, l'imam s'en alla prier sur les musulmans martyrs des deux camps. Devant les tombes de Talha et Az-zoubayr, il dit ces mots: «j'espère que Talha, Azzoubayr, Othman et moi, nous serons de ceux à propos desquels Dieu dit Nous avons retiré de leur poitrine ce qui reste de ressentiment (s. 7, v. 43) »; 

«Mes deux oreilles-ci ont entendu le Messager (ç) dire: «Talha et Azzoubayr sont mes deux voisins dans le Jardin.»

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Abou Hourayra

Le compagnon Abou Hourayra, de son premier nom Abdchams (adorateur du soleil), embrassa l'Islam devant le Messager, pendant que l'expédition de Khaybar battait son plein. C'était en l'an 8 de l'Hégire. Durant les quatre dernières années de sa vie, le Messager (ç) sera côtoyé en parmanence par cet exceptionnel compagnon à la mémoire prodigieuse.

Avant de se convertir, Abou Hourayra était un salarié très démuni qui se prosternait à des déités qui ne servent ni ne nuisent. Après sa conversion, il devint un personnage célèbre vouant ses adorations à Dieu l'unique. Le voici qui parle de lui-même: «J'ai grandi orphelin et j'ai émigré très pauvre... J'ai été un salarié contre le répas de mon ventre, chez Bosra bint Ghazouan. J'étais à leur service, quand ils installaient leur camp, et je guidais leur caravane quand ils se déplaçaient. Et maintenant me voilà son époux, grâce à Dieu. Louange donc à Dieu qui a redressé la religion et fait d'Abou Hourayra un imam.»

* * *

Etant doté d'une mémoire phénoménale, et bien qu'il fût un illettré, Abou Hourayra prit vite conscience du service important qu'il pouvait rendre à la religion musulmane. Il s'attela alors à préserver l'héritage religieux du Prophète (ç), puisqu'il n'avait pas de terre à cultiver ni de commerce à fructifier. Il réussit ainsi dans de larges mesures à sauvegarder de très nombreux hadiths de la Tradilion prophétique.

Il se mit à transmettre les hadiths du Prophète (ç) dès la disparition de ce dernier, si bien que des compagnons s'en étonnèrent, en disant: «D'où lui viennent ces hadiths? Quand les a-t-il entendus et appris?» Le valeureux compagnon répondit avec clarté à ce genre de questionnements comme pour dissiper le doute qu'on voulait exprimer. Il avait dit, entre autres: «Vous dites qu'Abou Hourayra abonde trop dans la transmission des hadiths du Prophète (ç). Eh bien! mes compagnons mouhajirites étaient occupés par leur terres. 

Pendant ce temps, j'étais quelqu'un de pauvre, qui accompagnait beaucoup le Messager de Dieu. Je tenais à être présent quand eux s'absentaient et je retenais dans ma memoire quand eux oubliaient. Et puis, le Prophète (ç) nous a dit un jour: «Celui qui étale son habit jusqu'à ce qu'il écoute mon hadith puis le retire à lui, celui-là n'oubliera plus rien de ce qu'il aura entendu de moi.» J'ai alors étalé mon habit et il m'a dit des hadiths, puis j'ai retiré mon habit à moi.

Par Dieu! je n'ai rien oublié de ce que j'ai entendu de lui. De plus, je ne vous aurais rien rapporté des hadiths du Prophète (ç), si ce n'était ce verset coranique «Ceux qui dissimulent ce que nous avons fait descendre de preuves et de guidance, après même les avoir explicitées aux hommes dans l'Ecriture, ceux-là Dieu les maudit, et les maudisse qui les maudira (s. 2, v.159).»

* * *

Une fois, le souverain Marouan b. al-Hakam invita Abou Hourayra, pour le tester sur le sujet de sa maîtrise du hadith. Il le fit asseoir à côté de lui, tandis qu'un secrétaire se tenait caché et écrivait tous les hadiths dits par Abou Hourayra. L'année suivante, Marouan l'invita de nouveau et l'interrogea sur les hadiths: Abou Hourayra n'en n'avait pas oublié le moindre mot.

Abou Hourayra avait d'ailleurs dit de sa personne: «Aucun compagnon du Messager de Dieu ne rapporte de hadiths plus que moi, à l'exception de Abdallah b. Arnrou. b. al-As. Celui-ci écrivait alors que moi je ne sais pas écrire.»

* * *

En outre, Abou Hourayra était, ainsi que sa famille, un adorateur assidu. Lui, sa femme et sa fille se repartissait la nuit en prières. Chacun priait un tiers de la nuit, de telle sorte que leur maison ne connut point d'interruption de rappel de Dieu. Par ailleurs, lorsqu'il embrassa l'Islam, il fut très soucieux du destin de sa mère qui refusait de se convertir, si bien qu'il s'en plaignit au Prophète (ç). Ecoutons-le plutôt: «Je suis allé trouver le Messager (ç), les larmes aux yeux, pour dire: 

"Ô Messager de Dieu, j'ai tant appelé Oum Abou Hourayra à l'Islam mais elle refusait à chaque fois. Aujourd'hui, je rai appelée. Alors, elle m'a fait entendre sur toi des propos que je déteste. Invoque donc Dieu pour qu'il la guide à l'Islam." 

Le Messager (ç) a dit par conséquent: "Dieu! guide Oum Abou Hourayra." Je suis sorti en pressant le pas, pour aller lui annoncer la bonne nouvelle de l'invocation du Messager. Quand je suis arrivé, j'ai trouvé la porte fermée puis j'ai entendu le clapotement de l'eau, et elle m'a dit: "Reste à ta place, Abou Hourayra!" 

Puis, elle a mis son habit et porté précipitamment son khimar, avant de sortir en disant: "J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu comme j'atteste que Mohammad est son serviteur et son messager." ...»

* * *

Dans le khalifat d'Omar b. al-Khattab, Abou Hourayra occupa le poste de gouverneur du Bahrein, mais pour une durée déterminée, durant laquelle il put constituer quelques biens personnels. Laissons-le raconter l'entretien qu'il avait eu à Médine avec le khalife: «Omar m'a dit: "Ennemi de Dieu, ennemi de son livre! As-tu osé voler le bien de Dieu?" J'ai dit: "Je ne suis ni l'ennemi de Dieu ni l'ennemi de son livre. Je suis plutôt l'ennemi de leur ennemis, et je ne suis pas celui qui vole le bien de Dieu!" Il a dit: "Alors, d'où as tu les dix mille?" J'ai dit: "Ce sont des chevaux qui se sont reproduits, des dons qui se sont succédés (du ciel)."... Omar a dit: "Verse-les alors au Trésor public."

Abou Hourayra accepta de les verser puis leva les mains au ciel et dit: «Dieu! pardonne à l'Emir des croyants.» Quelques temps après, Omar proposa le poste à Abou Hourayra. Ce dernier refusa. Comme Omar demanda pourquoi, Abou Hourayra répondit: «Pour qu'on n'insulte pas mon honneur et qu'on ne prenne pas mon bien...»

Ainsi vécut Abou Hourayra et ainsi il mourut. Il mourut à l'âge de 75 ans, en l'an 59 de l'Hégire et il fut enterré dans le cimetière d'al-Baqi.

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Abou Dhar al Gifary

Abou Dharr Al-Ghifari

Il arriva à la Mecque comme n'importe quel autre voyageur qui venait pour faire des tournées autour des déités encore vénérées ou qui ne faisait qu'une halte pour se reposer, avant de reprendre la route. Pourtant, il était à la recherche du Messager (ç). Il venait de faire tout ce chemin depuis le terroir des Ghifar, pour le connaître et l'entendre parler de cette nouvelle religion.

Dès son arrivée, il se mit à glaner çà et là les informations. Chaque fois qu'il entendait des gens parler de Mohammad, il tendait l'oreille prudemment, si bien qu'il avait recueilli l'information sur le lieu où il pouvait le trouver.

Puis, au matin de ce jour-là, il s'en alla à cet endroit-là. Il trouva le Messager (ç) assis seul. Il se rapprocha de lui et dit: «Bonjour! ô frère arabe.
- Salut à toi! ô frère, répondit le Messager (ç),
- Chante-moi de ce que tu dis, dit Abou Dhar.
- Ceci n'est pas de la poésie pour que je te chante, dit le Messager (ç), ceci est une noble lecture.
- Fais-moi donc une récitation, dit Abou Dhar.»
Alors, le Messager (ç) lui récita des versets pendant qu'Abou Dhar écoutait attentivement.

Puis, Abou Dhar n'attendit pas beaucoup de temps, pour proclamer: 
«J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu et j'atteste aussi que Mohammad est son serviteur, son envoyé.
- D'où es-tu, frère arabe? dit le Messager (ç).
- De Ghifar, répondit Abou Dhar.»

A cette réponse, le Messager (ç) esquissa un large sourire significatif. Abou Dhar sourit aussi et sut au fond de lui le sens du sourire de son interlocuteur. Oui, la tribu des Ghifar était réputée pour le brigandage de ses hommes. Ces derniers étaient des pillards redoutés dans toute l'Arabie. Comment se fit-il que l'un d'eux vint embrasser l'Islam, alors que l'Islam était encore une religion méconnue?

En racontant lui-même cette rencontre, Abou Dhar dira, entre autres: «Le Prophète (ç) s'est mis alors à regarder de haut en bas, par étonnement de ce qui est arrivé des Ghifar, puis il a dit: "Dieu guide qui il veut."»

C'est vrai, Abou Dhar est l'un de ces guidés, à qui Dieu veut du bien. Déjà avant d'embrasser l'Islam, il était un révolté contre l'adoration des idoles, qui tendait à croire en un créateur sublime. C'est pourquoi il se dirigea vers la Mecque, dès qu'il entendit parler d'un prophète qui dénonçait l'adoration des idoles.

* * *

Abou Dhar, de son vrai nom Jundub b. Jinada, se convertit donc à l'Islam, dès qu'il entendit les premiers versets de la bouche du Messager (ç). Dans le classement des musulmans, il est le cinquième ou le sixième. Par ailleurs, il était d'une nature bouillante. Il était fait pour être toujours révolté contre le faux. Et maintenant le voilà en train de voir des pierres taillées, auxquelles on courbait l'échine. Alors, il devait dire quelque chose, lancer un cri avant de partir.

Il dit au Messager (ç): «Ô Messager de Dieu, que me recommandes-tu?» Le Prophète (ç) lui répondit: «Tu reviens dans ton peuple, jusqu'à ce que mon affaire te parvienne.» Abou Dhar ne se retint pas de dire sur le champ: «Par celui qui détient ma vie dans sa main, je n'y retournerai qu'après avoir crié l'Islam dans la Mosquée!»

Ainsi était sa nature rebelle. Etait-il possible qu'Abou Dhar retourne silencieux chez lui, à l'instant où il découvrait un monde nouveau? Non, cela était insupportable pour lui. Après quoi, il entra à la Mosquée sacrée et dit de sa plus haute voix: «J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu et j'atteste aussi que Mohammad est l'envoyé de Dieul»

A notre connaissance, c'était là le premier éclat de voix musulman qui défia l'orgueil des Quraych, un éclat de voix lancé par un étranger qui n'avait ni lien de parenté ni protection à la Mecque. Ce cri ameuta les Quraychites, qui se mirent aussitôt à maltraiter Abou Dhar, de telle sorte qu'il se retrouva à terre. Il ne fut sauvé in extremis que par l'intervention d'al-Abbâs, l'oncle du Prophète (ç): «Ô Quraychites! avait-il dit, vous êtes des commerçants et votre commerce passe par le pays des Ghifar, dont cet homme fait partie. S'il excite son peuple conte vous, ils couperont chemin à vos caravanes.»

Le jour suivant, ou peut-être le même jour, le nouveau musulman récidiva son défi, sans avoir la moindre peur. En effet, dès qu'il vit deux femmes en train de faire des tournées autour de deux idoles, il se mit à jeter le discrédit sur ces deux idoles, si bien que les femmes crièrent au secours.

Les Quraychites accoururent vite et se mirent à le frapper si violemment qu'il perdit connaissance... Et quand il reprit connaissance, il dit encore à haute voix: «J'atteste qu'il n'est de dieu que Dieu et j'atteste aussi que Mohammad est l'envoyé de Dieu!»

La nature de ce nouveau disciple n'étant plus un secret pour personne, le Messager (ç) lui réitéra son ordre de retourner chez lui et d'attendre la suite des événements.

* * *

Abou Dhar rentra donc chez lui et s'attela aussitôt à appeler les membres de sa tribu à l'Islam. Il ne se limita pas dans cette noble mission à sa seule tribu, puisqu'il appela aussi les Aslam, qui étaient les voisins des Ghifar. Puis, après l'expatriation du Messager (ç) à Médine, voilà Abou Dhar qui arrivait avec un grand convoi de musulmans venant du terroir des Ghifar et des Aslam!

Le Messager (ç) les accueillit avec joie puis invoqua pour eux la miséricorde divine. Quant à Abou Dhar, il dit de lui: «Les terres désertiques et les terres verdoyantes n'ont connu de langue plus véridique que (celle) d'Abou Dhar.»

* * *

Le Messager (ç) résuma en quelques mots la vie à venir de son compagnon. Et effectivement, la sincérité sera l'essentiel dans la vie d'Abou Dhar. Il mènera une vie de sincère qui ne trompa ni lui même ni autrui et qui ne permit pas qu'on le trompât. Sa sincérité ne fut à aucun moment une qualité sourde. Il disait la vérité et s'opposait au faux.

Comme le Messager (ç) voyait avec clairvoyance les difficultés qu'Abou Dhar allait rencontrer, il lui recommandait toujours la patience. Un jour, il lui posa cette question: «Ô Abou Dhar, comme agiras-tu quand tu seras rejoint par les émirs qui s'accaparent du butin.
- Par celui qui t'a envoyé avec le vrai, Je frapperai alors avec mon épée, dit Abou Dhar..
- Ne te montrerai-je pas ce qui est beaucoup mieux que cela? Tu t'armes de patience jusqu'à ce que tu me rejoignes, dit le Messager (ç).»

Au fait, pourquoi le Messager (ç) lui avait-il posé précisément cette question? Les émirs et la fortune, voilà la question à laquelle Abou Dhar consacra toute sa vie, tout en ayant toujours à l'esprit le conseil du Messager.

* * *

L'époque du Messager (ç) passa, puis celle d'Abou Bakr, puis celle de Omar, avec la domination de la sobriété. Durant cette période, il n'y eut pas de déviations pour qu'Abou Dhar élevât la voix et s'y opposât vigoureusement. Mais, après la mort de Omar, les choses changèrent. Il constata alors les effets néfastes du pouvoir et de la fortune sur ses anciens compagnons, qui avaient pourtant côtoyé le Messager (ç).

A chaque fois qu'il décidait de prendre son sabre et sortir combattre le mal, il se rappelait le conseil du Messager (ç). Il laissait alors son arme dans son fourreau, sachant bien qu'il est interdit d'utiliser les armes contre le musulman: Il n'appartient pas à un croyant de tuer un croyant, sauf si c'est involontairement (s. 3, v. 92).

Sa tâche n'était donc pas de prendre les armes mais d'exprimer son opposittion aux pratiques condamnables, par le propos véridique et juste. Il fit alors face avec sa sincérité aux émirs, aux riches, c.-à-d. à tous ceux qui, par leur penchant pour la vie d'ici-bas, devinrent un danger pour la religion.

• • •

L'opposition d'Abou Dhar aux centres du pouvoir et de la fortune devint si importante que son nom fut connu de tout le monde. Dans chaque ville où il allait, avec chaque émir qu'il rencontrait, il avait sur ses lèvres cette devise: «Annonce à ceux qui ammassent l'or et l'argent qu'ils auront des cautères de feu, avec lesquels leurs fronts seront cautérisés, le Jour de la rêsurrection.»

Cette devise, sa devise, devint tellement célèbre que les gens la reprenait toutes les fois qu'ils le rencontraient dans la rue. A Damas, où Mouâwiya b. Abou Soufyan était le gouverneur qui gérait à sa guise les biens de la communauté musulmane, Abou Dhar mit à nu la gestion scandaleuse qui ne profitait qu'aux riches. Dans ses réunions avec les petites gens, il dit entre autres: «Cela m'étonne! Celui qui ne trouve pas quoi manger chez lui, pourquoi ne sort-il pas avec l'épée brandie?» Puis, se rappelant le conseil du Messager (ç), il abandonna le discouts guerrier pout revenir au discours raisonnable basé sur les arguments. Il parla de la justice sociale, de l'égalité entre les hommes et des devoirs de l'émir.

Son activité devint dangereuse pour les émirs, lorsqu'il fit un débat public avec Mouâwiya. Ce jour là, Abou Dhar dit à Mouâwiya ses quatre vérités. Il lui rappela sans crainte sa fortune d'alors et celle qu'il avait avant de devenir gouverneur, sa maison qu'il avait à la Mecque et les palais qu'il possédait alors en Syrie. Ensuite, il s'adressa aux compagnons devenus riches qui étaient assis: «Etes-vous ceux qui ont accompagné le Messager, pendant que le Coran descendait sur lui? Oui, c'est vous qui étiez présents alors que le Coran descendait.» 

Puis, il revint à la charge, pour poser la question: «Ne trouvez pas dans le Livre de Dieu: "Ceux qui thésaurisent l'or et l'argent, sans en faire dépense sur le chemin de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux *pour le jour où l'or et l'argent portés au rouge dans le feu de Géhenne leur brûleront le front, les flancs, le dos: «Voilà ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes. Savourez donc ce que vous thésaurisiez!» (s. 9, v. 34-35). Mouâwiya intervint, pour dire: «Ces versets ont été révélés à propos des Gens du Livre. «Mais, Abou Dhar répliqua: «Non! ils ont été révélés pour nous et pour eux.» Puis, il continua à conseiller Mouâwiya et ses semblables de remettre les fermes, les palais et tous les autres au Trésor public...

Après le débat, Mouâwiya envoya au khalife Othman une lettre, dans laquelle il se plaignit en ces termes: «Abou Dhar a corrompu les gens en Syrie.» Alors, Othman convoqua Abou Dhar à Médine.

Celui-ci rentra effectivement et eut avec le khalife un long entretien, à la fin duquel il dit: «Je n'ai pas besoin de votre monde.» Puis, quand Othman l'invita à rester près de lui, à Médine, Abou Dhar demanda la permission de se retirer à ar-Rabdha. Il eut cette permission.

* * *

A Ar-Rabdha, il reçut la visite d'une délégation venue d'al-Koufa. On lui demanda de diriger la révolte contre le khalife. Mais lui les mit en garde contre une telle action, avec des mots très clairs: «Par Dieu! si Othman me crucifie sur la plus longue planche ou sur une montagne, j'écouterai et j'obéirai et je patienterai... S'il me renvoie chez moi, j'écouterai et j'obéirai et je patienterai...» A méditer cette réplique, on comprend qu'Abou Dhar était resté respectueux du conseil du Messager (ç).

Par ailleurs, il resta durant toute sa vie le regard braqué sur les fautes commises par les fortunés et les détenteurs du pouvoir. Il détesta tellement le poste de responsabilité et la fortune qu'il préféra éviter ses compagnons devenus responsables. Une fois, Abou Mousa al-Achâry se précipitant à le rencontrer, en lui disant: «Bienvenue à mon frère!», Abou Dhar lui répliqua sèchement: «Je ne suis plus ton frère! je l'étais avant que tu ne deviennes un êmir.»

A une autre occasion, il se comporta de la même façon avec Abou Hurayra. A ce dernier, il avait dit: «Laisse-moi tranquille! n'es-tu pas celui-là à qui on a donné le poste d'émir, si bien que tu es devenu propriétaire de constructions, de bétail et de terres cultivées.» En outre, quand on lui proposa l'émirat d'Irak, il répondit: «Par Dieu! non. Vous ne m'attirez jamais par votre ici-bas.»

* * *

Un jour, un compagnon à lui le vit avec un vêtement très ancien. Il lui dit: «N'as-tu pas un autre vêtement? Il y a quelques jours, j'ai vu dans tes mains deux vêtements nouveaux?
- Ô fils de mon frère, répondit Abou Dhar, je les ai donnés à quelqu'un qui en a plus besoin que moi.
- Par Dieu, tu en as très besoin, fit remarquer le compagnon.
- Mon Dieu! pardonne-lui. Toi, tu magnifies l'ici-bas! Ne vois-tu pas cette burda que je porte? Et puis, j'ai une autre pour la Prière du vendredi. Et puis, j'ai une chèvre dont je trais le lait et une ânesse qui me sert au transport. Y a-t-il un bienfait meilleur que celui que nous avons?»

* * *

En rapportant des hadiths du Messager (ç), il avait dit une fois: «Mon ami m'a recommandé sept choses...
* Il m'a ordonné d'aimer les pauvres et d'être proches d'eux.
* Il m'a ordonné de voir celui qui est en-dessous de moi et de ne pas voir celui qui est au-dessus de moi.
* Il m'a ordonné de ne rien demander à personne.
* Il m'a ordonné de préserver les liens de parenté.
* Il m'a ordonné de dire la vérité même si elle est amère.
* Il m'a ordonné de ne craindre le reproche de personne, en vue de Dieu.
* Il m'a ordonné de dire beaucoup: "Il n'est de force et de puissance que par Dieu."»

Abou Dhar avait bien façonné sa vie suivant ce testament si bien qu'il devint la conscience de sa communauté. Voici justement le témoignage de l'imam Ali à son sujet: «A part Abou Dhar, il ne reste aujourd'hui aucun qui, en vue de Dieu, ne craint pas le reproche de personne.»

Durant toute sa vie, il fut un opposant opiniâtre de l'exploitation du pouvoir et de la monopolisation des richesses. Il vécut toujours en tant que bâtisseur du droit chemin. Une fois, il avait dit: «Par celui qui détient mon âme dans sa main! si vous déposez le sabre sur mon cou, et que je pense avoir le temps de dire un mot que j'ai entendu du Messager, avant de me le couper, je dirai ce mot sans hésiter (un seul instant).»

* * *

Le jour de sa mort, il était seul avec sa femme à ar-Rabdha, le lieu qu'il avait choisi pour y résider, à la suite de son conflit avec le khalife Othman. Sa femme était assise près de lui, les larmes aux yeux. Pour la consoler, il lui dit: «Pourquoi pleurer, alors que la mort est un droit?
- Je pleure, parce que tu vas mourir, alors que je n'ai pas de linceul pour t'y ensevelir, dit-elle.
- Calme-toi, reprit-il, ne pleure pas. J'ai entendu le Messager (ç) dire alors que j'étais chez lui avec un groupe de compagnons: "Un d'entre vous mourra dans une terre déserte, mais un groupe de croyants assisteront à sa mort."

Tous ceux qui étaient présents à cette réunion-là sont morts au milieu d'une communauté. Il ne reste que moi et me voilà en train de mourir dans un désert. Surveille la route. Un groupe de croyants va arriver ...» Puis, il rendit l'âme. Par Dieu! il avait dit vrai. Voilà au loin une caravane qui se profilait. Abdallah b. Masaoud était parmi les caravaniers. 

A la vue là-bas d'une dame et d'un enfant près d'un corps étendu, il réorienta sa monture. Les autres firent comme lui. Dès qu'il arriva, il reconnut vite le corps inerte de son compagnon. Il fondit alors en larmes, avant de se rapprocher de la dépouille. Puis, il dit: «Le Messager de Dieu a dit vrai. Tu marcheras seul, tu mourras seul, et tu seras ressuscité seul.»

* * *

Le Messager (ç) avait dit cela lors de l'expédition de Tabouk, en l'an 09 de l'Hêgire, c-â-d. vingt ans avant ce jour-là. Lors de ce déplacement, Abou Dhar était resté loin derrière l'armée musulmane, à cause de son faible chameau, si bien que son absence avait été remarquée. Puis, après s'être convaincu de l'incapacité de sa monture à continuer le voyage, il avait repris le chemin, à pied. Il avait alors rattrapé ses compagnons le lendemain, quand ces derniers s'étaient arrêtés pour une pause.

Lorsque le Messager (ç) l'avait vu s'avancer seul, il avait dit: «Dieu accorde sa miséricorde à Abou Dhar! il marchera seul, il mourra seul et il sera ressuscité seul

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Abdarahman Ibn Aouf

Un jour, alors que le calme planait sur Médine, une grande caravane commerciale vint provoquer une agitation inhabituelle parmi les habitants. La Mère des croyants Aïcha, qui avait entendu cette agitation, demanda: «Qu'est-ce qui se passe à Médine?» On lui répondit: «C'est une caravane appartenant à Abdarahman b. Aouf qui arrive de Syrie avec des marchandises.» Elle dit: «Une caravane qui provoque toute cette agitation!» On lui dit: «Oui, Mère des croyants c'est une caravane de 700 chameaux!» Sur ce, Aïcha souleva la tête, en regardant loin et longuement comme pour se rappeler quelque chose, puis dit: «J'ai entendu le Messager (ç) dire: «J'ai vu Abdarahman entrer au Jardin en se traînant.»

On rapporta ce propos d'Aïcha à Abdarahman, avant même le déchargement des marchandises. Le compagnon marchand se rendit immédiatement auprès d'elle et lui dit: «Tu m'a rappelé un hadith que je n'oublie d'ailleurs pas.» Puis, il lui déclara qu'il donnait toutes les marchandises en aumônes, en vue de Dieu. Après quoi, il mit en oeuvre sa décision, en faveur des Médinois. Ce fait authentique, à lui seul, nous révèle, comment était la vie de ce compagnon du Messager (ç). Il était un riche commerçant aux activités florissantes, ainsi qu'un croyant doté d'une foi solide, qui recherchait toujours la récompense du Jardin.

* * *

Ce valeureux compagnon embrassa l'Islam dès les premières heures de l'appel à la croyance lancé par le Messager (ç), c'est à dire, avant que le Messager (ç) ne prît la demeure d'al-Arqam comme lieu de réunion. Il est l'un des huit premiers musulmans et il fait partie des dix compagnons qui ont triomphé de la belle annonce du Jardin faite par le Messager (ç).

En outre, il fit la première et la seconde émigration d'Abyssinie et aussi l'émigration de Médine, avant de prendre part à la bataille de Badr et à toutes les autres batailles. Par ailleurs, le khalife Omar b. al-Khattab le désigna, avant de mourir, dans le comité de consultation des six compagnons, qui devront nommer l'un d'entre eux khalife.

* * *

Abdarahman b. Aouf avait bien eu de la chance dans sa vie de commerçant, si bien qu'il en fut étonné. Une fois, il avait dit: «Même si je soulève une pierre, je trouve à l'endroit de l'or ou de l'argent!» Toutefois, le commerce n'était nullement source d'avidité pour lui. Quand il n'était pas à la mosquée en train de prier ou en expédition en train de combattre sur le chemin de Dieu, il était occupé par son commence.

Lorsqu'il s'établit à Médine, il préféra vivre de son propre labeur, jusqu'à la fin de ses jours, à l'âge de 75 ans. Lisons plutôt le hadith rapporté par Anas b. Malik: «(Le Messager (ç) ayant fraternisé entre les deux), Saâd b. ar-Rabiâ dit à Abdarahman: «Mon frère, je suis le plus riche des Médinois. Choisis la partie de mes biens que tu veux et prends-la. Et puis, j'ai deux épouses. Choisis celle qui te plaît et je la répudies pour que tu l'épouses.» Abdarahman lui dit alors: «Que Dieu bénisse ta famille et tes biens!...Montrez-moi où se trouve le souk.» 

Après quoi, il alla au souk. Il acheta, vendit et gagna des bénéfices.» La prospérité de son commerce était sûrement due à la bénédiction de Dieu, car la plus grande part allait à la cause de l'Islam, au pourvoiment des combattants musulmans, au soutien des proches et à l'aide des démunis. Depuis qu'il entendit le Messager (ç) lui dire: «Ô Ibn Aouf, tu es l'un des riches, et tu entreras au Jardin en te traînant. Alors, donne à Dieu un (beau) prêt et il le libèrera les pieds!», Abdarahman ne s'arrêta pas de prêter à Dieu de beaux prêts, de sorte que Dieu les lui doublait largement. 

Une fois, il vendit une terre au prix de 40.000 dinars. Puis il donna cette somme à ses proches d'entre les Banou Zouhra, aux Mères des croyants et aux pauvres d'entre les musulmans. Une autre fois, il offrit 500 chevaux aux combattants musulmans, et 1500 chameaux une autre fois encore.

Avant de mourir, il donna 50.000 dinars pour la cause de Dieu et 400 dinars à chacun des Badrites encore vivants, si bien qu'Othman b. Affan, qui était riche, les pris en disant: «Le bien de Abdarahman est licite et pur...»

* * *

Un autre aspect de sa personnalité. Abdarahman était le maître de sa richesse et non l'esclave. Il la fructifiait facilement et licitement, puis il n'en profitait pas seul. Sa famille, ses proches, ses compagnons et sa communauté en profitaient tous. Ses dons ne se comptaient plus si bien qu'on avait dit: «Les habitants de Médine sont tous les associés d'Ibn Aouf dans sa fortune. A un tiers d'entre eux, il donne des prêts; à un autre tiers, il paie leurs dettes; un autre tiers encore, il les gratifie de dons.»

De plus, il avait toujours une grande crainte de sa fortune. Un jour, au moment de déjeuner (ce jour-là, il avait jeuné), il perdit l'appétit en voyant le repas, fondit en larmes et dit: «Mousâb b. Oumayr est tombé en martyr et il est mieux que moi. C'est qu'il a eu comme linceul une (simple) robe qui laissait ses pieds se découvrir quand elle couvrait sa tête, et laissait sa tête se découvrir quand elle couvrait ses pieds. Hamza est tombé aussi en martyr et il est mieux que moi. C'est qu'on ne lui a trouvé comme linceul qu'une (simple) robe. Puis, on a tant étalé pour nous des biens de l'icibas et on en a tant donné à nous, de sorte que j'ai peur que nos belles actions nous soient pressées.»

En outre, malgré sa grande fortune, il était d'une modestie illimitée, si bien qu'on avait dit de lui: «Si un étranger le voit assis avec ses serviteurs, il ne peut le distinguer d'eux.» Par ailleurs, dans la bataille d'Ouhoud, il avait reçu une vingtaine de blessures, dont l'une lui avait laissé une jambe boiteuse, comme il y avait perdu une de ses dents.

* * * 

Puisque la richesse n'avait aucune incidence négative sur lui, Abdarahman ne fut nullement attiré par le pouvoir. Quand on lui dit qu'il méritait la succession du khalife Omar, face aux cinq autres compagnons qui formaient avec lui le comité des six, il rétorqua ainsi: «Par Dieu! si on prend un couteau et qu'on le passe sur ma gorge d'un bout à l'autre, cela m'est plus préférable.» Et lorsqu'il choisit Othman b. Affan comme khalife, les quatre autres compagnons approuvèrent.

* * *

Enfin, en l'an 32 de l'Hégire, au moment où Abdarahman allait rendre l'âme, la Mère des croyants Aïcha lui accorda l'honneur d'être enterré à côté du Messager (ç), Abou Bakr et Omar. Mais il refusa à cause d'un serment scellé avec Othman b. Madhoun, lequel disait que l'un serait enterré à côté de l'autre. Juste avant de mourir, il dit: «J'ai peur d'être empêché de rejoindre mes compagnons, à cause de la grande fortune que j'ai eue.» 

Peut-être se rappela-t-il à ce moment le hadith du Prophète (ç): «Abdarahman b. Aouf ira au Jardin.», ainsi que la promesse de Dieu: Ceux qui font dépense de leurs biens sur le chemin de Dieu, et qui plus est ne font pas suivre leur dépense d'étalage ni de tort, trouveront leur salaire auprès de leur maîtres. Pour eux, pas de crainte à se faire, non plus qu'ils n'auront tristesse. (s.2, v.262)

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Abdallah Ibn Omar

Ce valeureux compagnon avait dit à la fin de sa longue vie: «J'ai prêté allégeance au Messager (ç) et depuis je n'ai pas trahi, je n'ai pas prêté allégéance à un partisan de sédition et je n'ai pas réveillé un croyant de son sommeil.»

Ce témoignage résume la vie de cet homme de bien qui avait vécu 85 ans. La relation avec l'Islam et le Prophète (ç) commença le jour où les musulmans allaient sortir pour Badr. Il accompagna son père Omar ben al-Khattab au regroupement, avec l'intention de prendre part à l'expédition. Mais le Prophète (ç) ne l'accepta pas, en raison de son très jeune âge. Abdallah n'avait que 13 ans. Depuis ce jour-là, ou plutôt depuis le jour où il fit l'exode à Médine avec son père, ses liens se tissèrent avec l'Islam.

Il apprit de son père une partie du bien; avec son père il·apprit du Prophète (ç) tout le bien. Comme son père, il sut être un bon croyant. Il voyait comment le Prophète (ç) procédait puis il l'imitait. Il suivait le Prophète (ç) en tout, si bien que cela étonnait.

Là, le Prophète (ç) avait fait une prière. Eh bien! Ibn Omar y faisait une prière. Là-bas, le Prophète (ç) faisait des invocations debout. Eh bien! Ibn Omar y invoquait debout. En cet endroit-là, lors d'un voyage, le Prophète (ç) descendit de sa chamelle et fit deux rak'a. Eh bien! Ibn Omar appliquait le même chose quand il passait par le même endroit.

Bien plus, quand il allait à la Mecque, il faisait tourner sa chamelle deux fois à telle place, puis descendait et priait deux rak'a, parce qu'il avait vu le Prophète (ç) agir ainsi.
Son imitation presque parfaite du Prophète (ç) dans les actes de dévotion avait fait dire à Aicha (ç):
«Il n'y avait personne qui suivait les actions du Prophète (ç) comme Ibn Omar».

Durant sa longue vie, il était si dévoué et attaché aux traditions du Prophète (ç) que le musulman disait:
«Ô Dieu! garde Abdallah en vie tant que je vis pour que je fasse comme lui. C'est que je ne connais pas quelqu'un d'autre comme lui qui suit le rite de la première époque.»

En plus de ce respect scrupuleux des faits et gestes du Prophète (ç), Ibn Omar était très attentif quant à rapporter les hadiths. Ses contemporains avaient laissé ce témoignage: «Parmi les compagnons du Messager de Dieu, personne n'était plus prudent qu'Ibn Omar à rapporter fidèlement les hadiths du Messager.»

Il l'était aussi dans le domains des fatwa. Une fois, un musulman lui ayant demandé un avis religieux sur une question, Ibn Omar avait dit: «Je n'ai pas de connaissance sur ce que tu m'interroges.» Puis, tout content, il avait dit: «J'ai été interrogé sur ce que je ne sais pas et j'ai dit que je ne savais pas!» Ainsi, il craignait beaucoup de prendre l'initiative d'une fatwa, bien qu'il menât une vie conforme aux préceptes de la religion musulmane.

Sa crainte de Dieu lui dictait aussi de ne pas accepter la fonction de cadi. Il refusa cette fonction en dépit des demandes répétées du khalife Othman (r). Quand ce dernier lui dit: «Est-ce que tu me désobéis?» Ibn Omar dit: «Pas du tout. Mais je sais qu'il y a trois types de cadis. Il y a le cadi qui juge par ignorance: celui-là ira au Feu. Il y a aussi le cadi qui juge par
passion: celui-là ira au Feu. Et il y a le cadi qui fait effort et qui atteint le but: Celui-là a ce qui suffit pour survivre, sans faix et sans salaire... Au nom de Dieu, je te demande de m'en dispenser.»

Sur ce, Othman le dispensa de cette tâche si ingrate. C'est que Abdallah ben Omar preférait s'occuper de lui-même. Il recherchait toujours la chasteté, la purification permanente de son âme. Il était le compagnon de la nuit: il la passait en prières et en invocations pieuses.

Etant jeune, il avait vu un rêve, que le Prophète (ç) le lui avait interprété de la façon suivante: La prière de nuit serait la joie d'Ibn Omar. Celui-ci avait raconté son rêve ainsi: «Du vivant du Messager (ç), je me suis vu en rêve tenant un morceau de brocard. Chaque fois que je voulais un endroit du Jardin, il m'y emmenait après m'avoir pris en vol. J'ai vu aussi deux (anges) venir à moi. Ils voulaient m'emmener au Feu. mais un autre ange s'est interposé et a dit: «N'aie pas peur.» Puis, tous deux m'ont laissé.

Hafsa (ma soeur) a raconté le rêve au Prophète (ç) qui a dit: «Quel excellent homme est Abdallah! s'il faisait des prières la nuit et en multipliait.» Depuis ce jour-là, Ibn Omar ne râta aucune prière nocturne, qu'il fût chez lui ou en voyage. Il priait, récitait le Coran, invoquant beaucoup. Obayda ben Omayr avait dit: «Un jour, j'ai récité devant Abdallah ben Omar. "Comment en serait-il autrement quand Nous ferons surgir de toute nation son témoin, et te produisons toi-même en témoin de tous ceux-là? * Ils voudront bien ce jour-là, les dénégateurs, les rebelles à l'Envoyé, que la terre sur eux se nivelle: mais ils ne pourront à Dieu celer nul propos (s. 4, v. 41-42). Alors, il s'est mis à pleurer si bien que ses larmes ont mouillé sa barbe.» 

Une autre fois, alors qu'il était assis avec des musulmans, il récita *Malheur aux escamoteurs *qui lorsqu'ils achètent aux gens leur prennent large mesure * et lorsqu'ils leur vendent, à la mesure ou au poids, leur font perdre * n'appréhendent-ils pas, ceux-là, d'être ressuscités * en un Jour solennel *un Jour où les hommes comparaîtront devant le Maître des univers (s. 83, v. 1-2-3-4-5-6). Puis, il se mit à répéter un Jour où les hommes comparaîtront devant le Maître des univers (s. 83, v. 6). pendant qu'il pleurait à chaudes larmes.

* * *

Sa générosité, son ascétisme, sa piété agissaient en lui en une grande harmonie pour former les qualités de l'homme vertueux. En effet, Ibn Omar donnait sans compter parce qu'il était un généreux; il donnait la chose bonne, licite parce qu'il était un pieux, et il ne se souciait pas que sa générosité le laisserait pauvre, parce qu'il était un ascète.

Certes, Ibn Omar avait des revenus appréciables - il était un commerçant - et aussi une pension que lui versait le Trésor public (Bayt al-Mal). Mais il ne réservait pas tout cela à lui seul. Au contraire, il en donnait aux pauvres, aux démunis, etc...

Ayoub ben Wail racontait qu'Ibn Omar avait un jour reçu 4000 dirhams et une pièce de velours. Le jour suivant, il le vit au souk en train d'acheter à crédit une quantité de fourrage pour sa monture. Alors, Ayoub alla interroger la femme d'Ibn Omar: «N'a-t-il pas reçu 4000 dirhams ainsi qu'une pièce de velours? - Oui, répondit-elle. - Je l'ai vu aujourd'hui au souk en train d'acheter du fourrage pour sa monture, sans en avoir le prix... - Il n'est rentré hier soir qu'après avoir distribué la somme. Puis il a pris la pièce de velours sur son épaule et il est sorti. A son retour, elle n'était plus avec lui. Nous lui avons posé la question et il a répondu qu'il en avait fait don à un pauvre.»

C'est vrai, Ibn Omar n'était pas un avare. Les biens matériels ne faisaient que passer par ses mains. Il en donnait toujours aux nécessiteux et aux pauvres. Et puis, il ne mangeait jamais seul. Il invitait régulièrement des orphelins ou des misérables. C'est pourquoi les pauvres se mettaient sur son chemin, pour être invités.

Le bien matériel était au service d'Ibn Omar, non un maître; un moyen de vie, non de faste. Sa fortune n'était pas à lui seul mais aussi aux pauvres. C'était sa piété qui l'avait aidé à être généreux. Il ne se passionnait pas pour les biens de ce monde comme il ne les recherchait pas. Il se suffisait du simple vêtement pour s'habiller et de la nourriture pour dominer sa faim.

Une fois, un ami venant de Khorasan lui offrit un vêtement doux. Ibn Omar dit, en le touchant: «Est-ce de la soie?» - Non, dit l'autre, c'est du coton. - Non, dit Ibn Omar en repoussant l'habit de sa main, je crains qu'il ne me transforme en un vaniteux. Alors que Dieu n'aime pas le vaniteux.»

Une autre fois, un ami à lui apporta un bol rempli et le lui offrit: «Qu'est-ce que c'est? demanda Ibn Omar. - C'est un médicament très efficace, dit son ami. je te l'apporte d'Irak. - Et que guérit ce médicament? - Il aide à digérer les aliments. - Digérer les aliments? dit Ibn Omar en souriant, mais je ne me suis jamais rassassié depuis 40 ans.»

Ainsi, depuis une quarantaine d'années, il ne mangeait que pour tromper la faim. Il menait sa vie ainsi par piété et ascétisme. Il avait pour modèle le Messager (ç) et il craignait qu'on lui dît au Jour de la résurrection: Vous avez épuisé vos bonnes actions durant votre vie d'ici-bas, à loisir vous en avez joui (s. 46, v.20). Il savait bien qu'il n'était que de passage dans cet ici-bas.

Maymoun ben Mahran: «Je suis entré chez Ibn Omar et j'ai évalué ce qu'il y avait comme couche, couverture, tapis, etc. Tout cela n'équivalait pas les cent dirhams.» Cela n'était pas dû à la pauvreté, puisqu'Ibn Omar était riche, et cela n'était pas dû à l'avarice puisqu'Ibn Omar était généreux. Au contraire, cela était le résultat de l'ascétisme. Quand on lui parlait des plaisirs de ce monde, il disait: «Mes compagnons et moi, nous nous sommes unis pour une cause, et je crains, si je les contredis, de ne pas les rejoindre.»

* * *

Par ailleurs, Ibn Omar avait dit: «Ô Dieu! Tu sais bien que si ce n'est le fait que nous te craignons, sûr que nous ferons concurrence contre les nôtres que sont les Qoraychites.» En effet, si ce n'était la crainte de Dieu, il aurait disputé le pouvoir. Mais il n'avait pas besoin de se jeter dans la bataille pour cette vie d'ici-bas.

On lui avait proposé le khalifat plusieurs fois, on avait bien voulu lui forcer la main par des menaces de mort au cas où il refusait le poste de khalife. Mais lui refusait. Al-Hasan (r): «Après l'assassinat de Othman ben Affan, ils ont dit à Abdallah ben Omar: "Tu es le seigneur des gens, ainsi que le fils de leur seigneur. Alors, sors pour que nous t'assurons l'allégeance des gens." il a refusé. Sur ce, ils ont dit: "Ou tu sors ou nous te tuons sur ta couche!" Il leur a dit la même chose. Ils l'ont appâté, ils lui ont fait peur, mais ils n'ont rien eu de lui.»

Plus tard, quand les troubles devinrent plus graves, un homme alla le trouver et lui dit: «Il n'y a pas pire que toi pour la communauté de Mohammad. - Mais pourquoi? Par Dieu! Je n'ai pas fait couler leur sang, je n'ai pas divisé leurs rangs et je n'ai pas brisé leur union. - Si tu décides d'accepter le khalifat, il n'y aura même pas deux pour diverger à cause de toi. Je n'aime pas, quand j'obtiendrai le pouvoir, que quelqu'un dise: "Oui" et qu'un autre dise: "Non".

Plus tard encore, quand Mouawiya ben Yazid démissionna de son poste de khalife, Marouan alla proposer à Ibn Omar d'être le nouveau khalife.
«Donne-nous la main pour te prêter allégeance. Tu es le seigneur des Arabes, ainsi que le fils de leur seigneur, dit Marouan. Que ferons nous des habitants du Levant? dit ibn Omar. - Nous leur frapperons le cou jusqu'à ce qu'il prêtent allégeance! - Par Dieu! Je ne veux pas du tout (de ce pouvoir).»

* * *

Ibn Omar avait toujours condamné l'usage de la force entre les musulmans. C'est pourquoi il avait adopté une position de retrait, de neutralité quant au conflit sanglant entre les partisans de Mouawiya et les partisans d'Ali. Mais son non-alignement ne signifiait pas qu'il se taisait devant les injustices. Il avait maintes fois exprimé son opposition ou son désaccord contre Mouawiya alors que celui-ci était au sommet de sa puissance. 

Un jour, al-Hajjaj avait dit dans un discours: «Ibn az-Zoubayr a procédé à des falsifications dans le Livre de Dieu.» Ibn Omar avait alors dit immédiatement, à voix haute: «Tu mens! tu mens! tu mens!»

Malgré son franc parler, il était très soucieux de ne pas avoir le moindre rôle sans le conflit armé qui secouait les musulmans. D'autre part, il était très peiné de voir les musulmans qui s'entretuaient.

Toutefois, son coeur était avec Ali (r). A la fin de sa vie, il avait dit: «J'ai de la peine pour une chose que j'ai laissé passer dans cet ici-bas. C'est que je n'ai pas combattu avec Ali la troupe tyrannique.» Quand il avait refusé de combattre avec l'imam Ali (r) qui avait le droit de son côté, il l'avait fait par refus des troubles dans la communauté musulmane. Lorsque'il fut interrogé sur sa réserve à soutenir l'imam Ali, il avait dit: «Ce qui m'en empêche c'est que Dieu a interdit de faire couler le sang du musulman. Dieu a dit Combattez-les jusqu'à ce qu'il ny ait plus trouble, et que la religion soit rendue à Dieu (s. 2, v. 193). Nous avons agi en conséquence. Nous avons combattu les polythéistes jusqu'au jour où la religion a été rendue à Dieu. Mais, aujourd'hui, pourquoi combattrions-nous? J'ai combattu alors que les idoles remplissaient le Sanctuaire du coin jusqu'à la porte... Est-ce que je combattrai aujourd'hui celui qui dit il n'est de dieu que Dieu»

Ainsi raisonnait-il, ainsi argumentait-il. Il refusait tout simplement la guerre civile dans la communauté musulmane. Il détestait qu'un musulman dégainât son sabre contre un autre musulman.

18:58 Écrit par http://dini01.tk dans les compagnons | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/03/2010

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